USA : les évêques condamnent la dérive "despotique" de l’administration Obama
Le 27 février dernier, le gouvernement américain annonçait son intention de supprimer la « clause de conscience » pour les personnels de santé : la précédente administration avait mis en place cette disposition pour protéger légalement les médecins ou les infirmières ne souhaitant pas contribuer à un avortement par exemple, pour des raisons morales ou religieuses. Si cette clause de conscience était abolie, les personnes concernées pourraient être contraintes d’agir sous peine de poursuites judiciaires.
Le cardinal Francis George, président de la conférence épiscopale catholique des Etats-Unis, a vivement réagi à cette annonce dans un message vidéo. « Nous avons besoin de protection légale pour la liberté de conscience et de religion », assure-t-il avant de rappeler que l’objection de conscience existe dans la loi pour les citoyens refusant de faire la guerre, ou encore pour les médecins refusant d’administrer la peine de mort : il n’y a pas de raison, dit-il, pour qu’elle ne concerne pas toutes les situations où « un membre vivant de la famille humaine est tué », y compris donc l’avortement. « Aucun gouvernement ne doit pouvoir se mettre entre une personne et Dieu », affirme encore le cardinal, qui appelle les catholiques américains à se mobiliser pour empêcher le gouvernement de supprimer cette clause.
L’archevêque lance également un vif avertissement à Barack Obama, n’hésitant pas à déclarer : « Comme évêques catholiques et citoyens américains, nous sommes profondément inquiets : une telle décision gouvernementale serait le premier pas conduisant notre démocratie au despotisme. » Ce nouvel épisode intervient après la réouverture (en janvier) du financement d’organisations pratiquant l’avortement à l’étranger dans le cadre de l’aide au développement, et l’autorisation (en mars) d’utiliser des fonds publics pour la recherche sur les cellules souches embryonnaires : le ton se durcit entre l’Église et la nouvelle administration, dont les divergences de positions apparaissent à présent au grand jour. Et ce n’est sans doute que le début.
Certains chrétiens sont tentés de considérer les propos du cardinal comme trop virulents envers Obama, qui a par ailleurs entrepris des avancées sans précédent dans le domaine social ; mais ce n’est pas parce qu’il lutte contre la pauvreté qu’on peut l’absoudre pour le reste : l’Église catholique défend la vie humaine sous toutes ses formes. A.-L.L. B.
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