Turquie : des évêques déplorent le manque de liberté religieuse
Si la République turque reconnaît la liberté de culte, la liberté religieuse n’a pourtant pas progressé ces dernières années, ont regretté les présidents des Conférences épiscopales de l’Europe du Sud-Est.
Du 3 au 8 mars, les évêques d’Albanie, de Bosnie-Herzégovine, de Bulgarie, de Grèce, de Moldavie, de Roumanie, de la Conférence épiscopale internationale saints Cyrille et Méthode et de la Turquie se sont réunis à Iskenderum (Turquie), pour un pèlerinage commun sur les pas de saint Paul, rapporte l’agence Zenit.
« Si la République turque reconnaît la liberté de culte, la dernière enquête sur la Turquie effectuée en vue de son éventuelle entrée dans l’Union européenne comme pays membre (octobre 2008) a montré que la liberté religieuse n’a guère progressé dans le pays », souligne un communiqué final.
Le texte dénonce aussi « de fortes restrictions dans l’autonomie de gestion des communautés religieuses non seulement sur le plan administratif et économique, mais aussi sur le plan pastoral et spirituel ».
Au cours de cette rencontre, les présidents des huit Conférences épiscopales de l’Europe du Sud-Est ont aussi présenté la situation de leur pays :
« Il est apparu que bien souvent dans les pays d’Europe du Sud-Est, l’identité chrétienne est menacée par l’athéisme du passé, le laïcisme du présent, et le consumérisme qui ne cesse de se répandre, en détériorant le tissu social fragile, surtout chez les jeunes générations, fascinées par l’émigration vers des pays présentant plus d’intérêt pour eux », souligne le communiqué.
« La famille, autrefois première école de foi et d’évangélisation, est devenue aujourd’hui un lieu où l’indifférentisme religieux grandit », précise le texte de conclusion de la rencontre. « Dans un contexte social où les familles sont de plus en plus souvent le fruit de mariages mixtes entre catholiques et non chrétiens, en particulier musulmans, le risque pour le contractant chrétien est la perte de foi, l’évolution vers l’indifférentisme religieux, la perte de son identité et la désorientation en ce qui concerne l’éducation de ses enfants ».
Enfin, « il semble que l’hégémonie de l’athéisme soit favorisée aujourd’hui par une nouvelle forme de laïcisme, dans ces pays d’Europe où l’homme cherche à dominer l’homme et où les règles ne sont plus celles de la solidarité et de la justice sociale, mais celles de l’égocentrisme, du ‘moi’ débridé, de l’illusion du pouvoir », affirment encore les évêques ayant participé à cette rencontre.
Répondre à cet article
Suivre les commentaires :
|
