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Avis contrastés sur le rapport parlementaire sur la bioéthique

Le rapport de la mission d’information parlementaire sur la révision de la loi de bioéthique, présenté mercredi 20 janvier 2010, n’a pas été adopté à l’unanimité, "certains députés, trouvant que les propositions allaient soit trop loin, soit à l’inverse, pas assez loin".

Deux groupes se distinguent parmi les députés socialistes : l’un, qui regroupe tous les membres socialistes de la mission derrière Alain Claeys, "regrette que la recherche sur l’embryon n’ait pas été purement et simplement autorisée", considérant qu’il serait temps de "libérer cette recherche de toute contrainte". Il aurait également souhaité "la levée de l’anonymat sur les dons de gamètes" l’élargissement des conditions d’accès à l’assistance médicale à la procréation (AMP), pour "les femmes célibataires, médicalement infertiles".

Les députés socialistes parisiens Serge Blisko et Patrick Bloche réclament quant à eux "l’ouverture de l’AMP aux célibataires et implicitement, aux couples homosexuels". Ils défendent également l’autorisation des mères porteuses "au nom de l’équité : ’aujourd’hui, l’accès à l’AMP est ouvert à la femme privée de concevoir et refusé à celle privée de le porter’" estiment-ils.

De son côté, Jean-Frédéric Poisson, député UMP-PCD des Yvelines, a déploré que "le rapporteur n’ait pas proposé de ’rompre avec un certain nombre de pratiques dont les limites ont été démontrées’". Il considère que la dérogation pérenne assortie au principe d’interdiction de la recherche sur l’embryon est "’inacceptable’" et s’insurge contre "l’inclusion de la trisomie 21 dans les maladies dépistées lors du diagnostic préimplantatoire" (DPI), y repérant "’le risque d’institutionnalisation de pratiques à caractère eugénique". Le député UMP Jean-Marc Nesme de Saône-et-Loire a affirmé que "seule une ’finalité thérapeutique’ pourrait justifier la ’transgression’ consistant à mener des recherches sur l’embryon". Xavier Breton, député UMP de l’Ain regrette avec Jean-Frédéric Poisson, que la production d’embryons surnuméraires n’ait pas été remise en question. Elle pose pourtant des problèmes graves "tant psychologiquement pour les couples que d’un point de vue éthique pour notre société".

Le quotidien La Croix retranscrit aussi une interview de Jean Leonetti invité hier, jeudi 21 janvier 2010, sur Radio Notre-Dame. Bien que la recherche sur les cellules souches adultes soit "probablement plus prometteuse", il explique que l’on ne peut interdire définitivement la recherche sur les cellules embryonnaires sans "couper la voie à la recherche". A la question de savoir s’il y a un sens à "interdire pour autoriser la transgression dans le même mouvement", il répond que l’interdiction est un principe nécessaire à tenir quant à l’expérimentation sur l’embryon à naître. Mais aujourd’hui "il y a des embryons congelés destinés à être détruits. Donc s’il y a une transgression, c’est de détruire l’embryon, pas de prélever une cellule avant de le détruire". Alors qu’il n’y a pas eu de progrès en matière de recherche sur l’embryon ces cinq dernières années, Jean Leonetti estime que réfléchir sur la loi implique de "libérer la recherche médicale, car il ne faut pas mettre de frein à la recherche intellectuelle de l’homme, surtout si elle est orientée vers l’amélioration de la santé humaine et notamment des plus vulnérables, et en même temps préserver la dignité humaine".

A propos de la revendication de connaître ses origines, il s’oppose à la levée de l’anonymat des donneurs de gamètes : l’enfant doit savoir "qu’il y a un donneur de gamète qui a fait ça de façon anonyme et lui dire : ’Je suis ton père’, et pas : ’Tu as un autre père quelque part ailleurs’". La quête du père biologique risquerait de "détruire la cellule familiale".

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