Anti-catholicisme : un strip-tease sur l’autel d’une chapelle bretonne
Profanations
C’est une histoire hallucinante qui s’est déroulée le 14 juillet 2009 dans la chappelle Saint-Pierre de Mahalon, dans le Finistère.
Depuis 1990, l’association Cap accueil organise le festival des chapelles qui consiste à organiser des concerts dans les chapelles bretonnes du Finistère. Chaque été, depuis 2001, ces festivals sont placés sous l’égide de l’association « Arts à la Pointe », qui consiste cette fois à mettre en valeur des artistes contemporains. Pour l’édition de 2009, cette association avait donc sollicité une jeune danseuse rennaise, Corinne Duval afin de mettre en valeur une des expositions mise en place dans la chapelle Saint-Pierre de Mahalon. Ces expériences avaient déjà suscités des remous par le passé avec des toiles présentées plutôt très indécentes dans des lieux qui demeurent avant tout des lieux sacrés.
Mais cette année, l’artiste a franchi de nouvelles limites... À l’issue de sa performance d’une quarantaine de minutes, traitant de l’enfermement et de l’espace, la danseuse et son partenaire sont montés sur l’autel de la petite chapelle et se sont intégralement déshabillés.
Pire encore, les accès à la chapelle avaient été fermés à clé, à l’insu de tous. Personne n’a pu sortir avant la fin de la représentation. Le vicaire général du diocèse et le prêtre chargé de l’art sacré en Finistère se sont ainsi trouvés enfermés, avec une petite centaine de spectateurs, tandis que le président de la communauté de communes et le directeur artistique de la manifestation, arrivés un poil trop tard, sont, eux, restés à la porte. De nombreux spectateurs se sont plaints de se retrouver enfermés à double-tour.
« C’était une profanation d’une grande violence. Cet acte odieux pour la conscience et la sensibilité des catholiques, pour qui l’autel est le lieu le plus sacré d’une église, a profondément scandalisé des croyants comme des non-croyants, d’autant plus qu’il semblerait avoir été prémédité. » a dénoncé l’évêque, Mgr Jean-Marie Le Vert. « L’Eglise est ouverte à la culture, mais il faut savoir jusqu’où aller, explique le vicaire général, Jean-Paul Larvol. Nous avons contacté toutes les mairies et associations du secteur établir un contexte précis pour l’utilisation des lieux de culte. »
Le diocèse a décidé de fermer ses chapelles pour un an aux activités de l’association et se réserve le droit d’engager des poursuites. Une célébration de réparation en prières en présence de l’évêque sera organisée dans la chapelle. « On s’est retrouvés piégés », condamne Jean-Yves Auneau, président de Cap accueil. Au propre, comme au figuré, car l’association ne s’attendait pas du tout à ce final en tenue d’Adam et Ève, sur l’autel. Yves Vaillant, l’adjoint au maire chargé de la culture, dénonce aussi cette manifestation. L’association a donc refusé de payer une prestation qui ne répondait pas à ses attentes.
Mais l’artiste s’est plainte aux prud’hommes, qui lui ont donné gain de cause début octobre. Cette affaire a soulevé la question de la mise à disposition des lieux de culte pour des manifestations artistiques. Fin octobre, le diocèse de Quimper avait rappelé que les chapelles « ne peuvent pas être de simples salles de spectacles ou d’expositions ».
Pour rappel, la loi de 1905 donne un statut particulier aux églises confisquées par l’Etat : Depuis la loi de 1905 les lieux de culte construits avant cette date sont propriété de l’état qui en a délégué la propriété aux communes. Ce sont donc des lieux publics mais ils n’ont pas été amputés de leur histoire ni de leur vocation par la loi. Ils restent donc avant tout des édifices religieux, avec leur caractéristiques propres, et la loi a souhaité conserver ce statut en donnant une responsabilité au clergé qui en est affectataire. On peut en désacraliser dans certaines conditions, mais tant qu’une cérémonie religieuse y sera célébrée annuellement, il ne peut en être question. Concrètement, les chapelles du Cap-Sizun sont avant tout des lieux de culte dans lesquels il ne peut y avoir aucune activité extra religieuse qui n’aurait pas reçu l’aval du clergé. Et c’est le cas pour toutes les églises affectées au clergé.
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