samedi, 1er novembre 2014|

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Quadragesima

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Ça y’est, voici que la période tant redoutée par les catholiques, le carême, avec son lot de sacrifices, de partages et de prières commence aujourd’hui. Les écoles proposeront leur vendredi "bol de riz", les homélies proposeront bien des manière de vivre ce temps si particulier.
Mais il faut bien l’avouer : bien souvent, le carême n’est pas franchement un temps de joie et de bonne humeur... c’est d’ailleurs pour ça qu’on a inventé le mardi gras (qui lui n’est pas une fête liturgique), juste avant le mercredi des cendres.

Le mardi gras s’épancha lui-même pour donner naissance aux différents carnavals (dont le plus connu est sans aucun doute celui de Venise). On voulait par là tenter de se rassurer, un peu comme une personne qui, sachant qu’elle va mourir, tente de réaliser tout ce qu’elle n’a pas pu faire durant sa vie, jouir de toutes les jouissances encore inconnues, connaitre toutes les joies possibles...

Car il s’agit bien ici de mourir, on comprend que nous n’y allions pas naturellement à pieds joints... avec la joie de l’enfant qui saute dans une flaque d’eau. Et pourtant, il y a bien de la joie dans ce temps Carême. Car nous mourons pour mieux vivre. Mais de quelle mort s’agit-il ? De la nôtre ? Oui sans aucun doute, mais pas de la totalité de notre être : Dieu nous aime vivants. Non. Ce que nous faisons mourir durant ce temps, c’est le "vieil homme".

En effet, le vieil homme, c’est cette facette de notre être, qui nous entraine vers la mort de l’âme. C’est la concupiscence née du péché originel, comme nous le montre Saint Jean dans sans 1re épître : "Car tout ce qui est dans le monde, la concupiscence de la chair, la concupiscence des yeux, et l’orgueil de la vie, ne vient point du Père, mais du monde." [1]. Mais en tuant cette tendance, nous obtenons la vie : "Le monde passe, et sa concupiscence aussi ; mais celui qui fait la volonté de Dieu demeure éternellement." [2].

Cet homicide avec préméditation que nous commettons contre le vieil homme est donc source de vie : nous tuons une vie contingente, pour obtenir une vie éternelle. Il suffit de comprendre que ce que nous obtenons dépasse largement ce dont nous acceptons de nous séparer : accepter de perdre certaines habitudes (ces vices), contre la vie éternelle, le choix est vite fait.

Mais le vieil homme est malin : il sait qu’on veut l’assassiner... et il faut dire qu’il est facile pour lui de le prévoir : nous tentons notre forfait toujours à peu prêt à la même époque de l’année... Il va donc nous falloir utiliser la ruse, débusquer le malin, l’extraire de sa cache et l’achever.

Mais comment ? Simple. Le criminel revient toujours sur les lieux de son crime : il suffit d’analyser les habitudes que nous avons prises, ces petits conforts bourgeois qui ont fini par s’installer tranquillement et finissent par nous empêcher de nous mouvoir avec toute l’aisance nécessaire à notre vie spirituelle. Où les jeune premier, tennisman ou golfeur ou amateur d’équitation ou de football ou de rugby ? Il a disparu sous les méandres innombrables d’un plus que proéminent ventre à bière [3]. L’ancien éphèbe éprouve des difficultés à se lever de table pour aller dans son canapé : c’est le poids du vieil homme qui le rend si lent.

Une seule voie nous est alors possible : la sportive. C’est Saint Paul qui nous l’enseigne. "Frères, ne savez-vous pas que les coureurs du stade prennent tous part à la course, mais qu’un seul remporte le prix ? Courez donc de manière à le remporter. Quiconque veut lutter, s’abstient de tout : eux pour une couronne périssable ; nous, pour une impérissable. Pour moi, je cours de même, non comme à l’aventure ; je frappe, non pas comme battant l’air. Mais je traite durement mon corps et je le tiens en servitude, de peur qu’après avoir prêché aux autres, je ne sois moi-même réprouvé." [4]

C’est que, pour remporter les JO ou les Mondiaux, il faut s’entraîner... et s’entrainer consiste à mettre son corps à rude épreuve. Qui croit pouvoir remporter la victoire en mangeant à volonté ("gras, sucré, salé"), en fumant, en se levant à pas d’heure... bref en ne contraignant pas les désirs spontanés du corps ? Le chrétien fait de même : il doit choisir certains points qui l’empêchent d’aller plus vite, plus haut, plus fort.
Le prêtre en nous posant les cendres sur le front nous dit "Convertissez-vous et croyez à la bonne nouvelle", mais il pourrait bien tout autant nous dire "Just do it". Un carême sponsorisé par Nike et Puma, ça en jetterait tout de même un peu.

Il n’est pas nécessaire pour autant de se transformer en stylite, il suffit de choisir quelques petits points de lutte, tout petits, mais avec la ferme intention d’éliminer ce petit défaut pour la fin du Carême (et ce de manière définitive). Pour cela on agit sur trois aspects : le prière, la pénitence et les actes de charité.
Il ne s’agit pas nécessairement de prier plus, mais surtout de prier "mieux" ; pas nécessairement de s’imposer de mortifications dignes de St Bernard, mais d’offrir au Seigneur un petit renoncement continu ; pas uniquement de donner plus aux pauvres, mais de s’inscrire dans une logique de partage qui devrait animer toute notre vie.

Pour bien vivre son Carême, il faut donc le préparer. Analyser ces petits points de lutte sur lesquels nous allons travailler. C’est être organisé, parce qu’on ne tue pas le vieille homme "à la rache", mais bien de manière méthodique. On peut tenir un planning, on peut se faire une liste d’activités et de tâches, faire avec le Seigneur un "comité de pilotage" régulier, pour voir si nous progressons ou si nous faisons du sur place.

Mais attention ! L’objectif n’est pas ici de faire de "l’optimisation de performance", mais bien de se rapprocher de Dieu. De lui libérer de l’espace, afin qu’il puisse s’installer plus confortablement en nous. Et cette installation, durable, nous procurera une joie sans pareille, car débarassés de nos biens nous pourrons accueillir le Souverain Bien.

Ce Carême est donc un temps à saisir pour devenir véritablement joyeux : de la joie de la Résurrection... mais la Résurrection passe nécessairement par la Croix, alors...

Pour finir, voici une petite vidéo proposée par le Padreblog sur le Carême :


3 min pour Convaincre - Carême : les cathos sont ils masos ?
envoyé par Padreblog. - Découvrez des webcam de personnalités du monde entier.

Bon Carême à tous !

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