Peut-on rire de foi ?
Franchement, je ne sais pas. J’aurais tendance à répondre par la négative. La foi est un sujet trop sérieux pour jouer sur un second degré dans lequel risquent de se perdre les tenants intransigeants de la foi et les ignorants qui penseront qu’il s’agit justement de premier degré.
Par contre je suis quasiment sûr que l’on peut rire de soi, ce qui est très différent. Les cathos sont souvent perçus comme des rabat-joie sans humour, des gens à la vérité triste.
Il doit y avoir moyen de montrer un autre visage du christianisme. Un visage serein, décomplexé, sans pour autant abandonner les magnifiques vérités de l’Évangile. Derrière la - trop - fameuse phrase de Nietzsche, « Je croirai en Dieu quand les chrétiens auront des têtes de sauvés », il y a un appel pressant pour que les chrétiens montrent le visage du Christ, celui d’un Dieu d’humour.
On parle souvent de l’humour juif très réputé, mais on parle assez peu de l’humour chrétien pourtant, comme toute communauté, nous avons des habitudes, des travers communs, sur lesquels nous pouvons parler et - déjà - rire entre nous. Savoir que nous sommes imparfaits est un premier pas vers la sainteté. Comme le dit la chanson « la meilleure façon de marcher c’est de mettre un pied devant l’autre et de recommencer » : il suffit il de commencer.
En constatant nos imperfections avec humour, nous pouvons mieux les maitriser, et nous considérer avec humilité, parce que nous ne sommes pas meilleurs que les autres. Ce premier pas que l’on peut faire au niveau individuel, nous pouvons aussi le faire au niveau collectif, en montrant aux hommes que, contrairement à ce qu’ils croient souvent, ce n’est pas parce que nous avons un discours clair et ferme en matière de foi et de morale que nous nous pensons meilleurs que nos prochains.
Cela peut se faire de diverses manières, par notre attitude personnelle, par les discours officiels, mais aussi part les nouveaux moyens de communication et notamment le vidéo.
Aujourd’hui la mode est à la mini-série, format court (rarement plus de 3 minutes), rythmé. Les catholiques ont commencé à investir ce format, en réalisant des parodies de le suite ’bref’. Mais une mini série récente tente de porter ce format à un niveau professionnel. Il s’agit de la série Kto (produite par sajeprod) « le cathologue »
Celle-ci met en scène deux colocataires catholiques, qui décident de lancer un podcast sur la foi. L’un est timide mais plutôt calé en la matière. L’autre est assez sûr de lui, mais était plutôt du type cancre au caté. Les sujets abordés sont des scènes de l’Évangile, des points de foi où des sujets « chauds ».
Notre cancre présente chaque foi son sujet à partir des fiches que lui a préparé son colocataire, et fait chaque fois partir le sujet en vrille... Hilarant !
Les cathos se retrouveront facilement dans ces personnages. Les non cathos apprécieront aussi les interactions avec les autres personnages, comme la voisine qui vient jouer le poil à gratter de nos deux compères, qui devront répondre à ses questions.
Le cathologue est un très bon moyen pour montrer un autre visage des catholiques. Il permet de créer les conditions pour qu’on espace de débat serein s’établisse avec les non croyants. Mais il ne remplace pas le débat, car l’objectif n’est pas d’apporter une réponse à des questions précises, mais bien de casser des préjugés.
A nous d’utiliser cela comme un outil, pour faire le pont avec nos contemporains : les non croyants où ceux qui se seraient éloignés de l’Église. En d’autres termes : retroussons nous manches, il va y avoir du boulot !
Ci-dessous, les trois premiers épisodes de la série :
Répondre à cet article
Suivre les commentaires :
|
