lundi, 24 novembre 2014|

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Dernière messe avant le culte des ancêtres

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Il y a quelques jours j’assistais à une messe, comme tant d’autres, dans une quartier de Paris. Petite paroisse du 7e arrondissement, un soir, en semaine. On y voit souvent des familles qui viennent se recueillir à l’occasion de l’anniversaire du décès d’un proche : père, mère, grands-parents, amis etc...

C’est alors un défilé de personnes un peu perdues, ne sachant trop que faire, que dire, où se placer. Le regard hagard ils tentent de se trouver une place relativement discrète sur le côté... ou fiers, ils montrent qu’ils n’ont rien à prouver et se placent bien en vue : ils prennent possession du lieu, comme Cortés pris possession des Amériques...

La personne qu’ils viennent honorer est bien souvent la dernière véritable croyante de la famille : la pieuse grand-mère à laquelle enfants, petits-enfants, voire arrière-petits-enfants rendent hommage, en se disant que malgré ses humeurs elle avait tout de même de grandes qualités et une grande foi.

Mais on voit bien que ce ne sont pas des habitués. On peut se réjouir que l’un ou l’autre des proches ait pris la décision de réunir l’entourage du défunt autour du saint sacrifice de la messe, il n’y a sans doute pas mieux... mais on peut parfois se demander ce qui se passe dans le ciboulot de ces quelques personnes qui ne viennent à la messe que dans ce cadre (ou pour des mariages et dans le meilleur des cas, pour "faire leurs pâques").

On y évoque le souvenir de la personne aimée, qui rassemble ses proches en ce lieu saint. On se rappelle ses qualités : sa douceur, sa bienveillance... éventuellement sa piété. Finalement, le risque est que le plus important (la messe) passe, aux yeux de ces personnes si l’on n’y prend pas garde, au second plan.
La messe ne devient alors qu’un prétexte au rassemblement de la famille et des amis autour du souvenir du défunt. Un sorte de rituel, qui reviendrait aux archaïques cultes des ancêtres. Pourquoi dès lors, la messe ne finirait-elle pas par être remplacée par l’un de ces festins qui avaient lieu dans les cimetières de l’antique Maghreb chrétien et que St Augustin a tant voulu faire disparaître ?

Dès lors que la foi diminue, le paganisme, le culte des esprits et du souvenir des ancêtres reprend du poil de la bête. Comment faire dès lors pour éviter cette dégénescence du mystère chrétien ?
Le curé de la paroisse a eu une idée assez intéressante. Lors de la communion, il a tout simplement invité ceux qui croient au mystère de l’Eucharistie (c’est-à-dire que le Christ est véritablement présent dans le Corps et le Sang du Christ), et qui s’y sont préparés, à s’avancer pour recevoir la communion.

Cette manière de faire possède trois vertus : la première est qu’elle n’exclut pas, comme le font parfois sans s’en rendre compte les prêtres qui rappellent, de manière parfois assez sèche, les conditions canoniques pour communier. La seconde est qu’elle invite le croyant à faire un acte de foi. La troisième est qu’elle invite les non-croyants à prendre toute la mesure du mystère et à commencer à croire devant la foi de leurs proches.
Qui plus est, ils scrutent le comportement du croyant, afin de constater s’il est bien en phase avec cet acte de foi qu’il vient de réaliser. Que signifie être préparé ? Croit-il vraiment en ce que le prêtre vient d’évoquer ? L’éducation et le bon sens des non-croyants sincères, les amène bien souvent à pousser les croyants à une véritable unité de vie.

Les croyants ne peuvent se contenter d’une simple "croyance", d’une foi vague, car sinon, les non-croyants se scandaliseront. Les non-croyants le sont bien souvent devenus en raison d’une hypocrisie ou de la bigoterie de certains. Ils en ont même parfois une haine assez forte. A nous d’être cohérents, pour les convaincre que l’Eglise catholique n’est pas un repère de Tartuffes.

Les gentils ne sont plus sur le Parvis, ils sont déjà dans l’église mais ne croient pas encore. Il ne s’agit pas de les faire ressortir, mais bien de les faire entrer dans le mystère. Leur montrer que la messe n’est pas un simple événement sociologique, mais une irruption de l’éternel dans le temps, où le défunt n’est que celui qui accroche les hommes pour les amener à Dieu.

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