vendredi, 18 avril 2014|

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Baisse du nombre de catholiques : faut-il avoir peur ?

Le nombre de personnes se disant catholiques serait d’environ 65%, et le nombre de personnes allant à la messe chaque dimanche représenterait 4 à 5% de ces 65.

Depuis les années 70, le nombre de catholiques en France, et dans le monde occidental ne cesse de décroitre : faut-il s’en inquiéter, voire avoir peur pour notre avenir ?

L’inquiétude des catholiques

Les résultats de ce sondage pourraient entraîner une forme de désespoir pour les catholiques à qui l’on affirme que leur nombre diminue fatalement depuis plusieurs dizaines d’années...

Sommes nous voués à l’extinction ? La catholicisme est-il toujours d’actualité, alors même que la société occidentale moderne s’affirme comme la seule porteuse de progrès ? Le catholicisme serait un reliquat des temps anciens voué à s’éteindre...

Mais la vérité est tout autre : il suffit de regarder l’Histoire de l’Église pour se rendre compte que ce n’est pas parce que localement l’Église subit des revers qu’elle va forcément disparaitre.

Les apôtres au début étaient 12 : les chrétiens sont aujourd’hui plus d’1 milliard. Cela en 2000 ans. Quelle institution peut honnêtement affirmer connaître une telle progression, pendant autant de temps. N’avez-vous jamais vu ces artisans qui mettent sur leur enseigne par exemple "Cordonnier de père en fils depuis 1857" ... nous pourrions mettre sur nos églises "Producteurs de saints, depuis l’an 0"

De nombreuses fois dans l’Église il y eu des crises très graves, où l’Église faillit sombrer totalement dans l’hérésie : que l’on songe seulement à la crise arienne (où de nombreux évêques professaient les erreurs d’Arius), ou plus prêt de nous l’état de déliquescence morale dans laquelle se trouvait l’Eglise au 16è siècle et où il fallut des saints de poigne tels que Sainte Catherine de Sienne pour redresser la barre.

Il suffit alors d’avoir confiance en Dieu et de s’abandonner à la Providence divine, comme nous le rappelle le Christ lui-même : Il leur dit : " Pourquoi faire cette réflexion, que vous n’avez pas de pains ? Vous ne comprenez pas encore et vous ne saisissez pas ? Avez-vous donc l’esprit bouché, des yeux pour ne point voir et des oreilles pour ne point entendre ? Et ne vous rappelez-vous pas, quand j’ai rompu les cinq pains pour les cinq mille hommes, combien de couffins pleins de morceaux vous avez emportés ? " Ils lui disent : " Douze " - " Et lors des sept pour les quatre mille hommes, combien de corbeilles pleines de morceaux avez-vous emportées ? " Et ils disent : " Sept. " Alors il leur dit : " Ne comprenez-vous pas encore ? " [1].

Les Pères de l’Église ont reconnus dans ces 12 et 7 paniers les 12 apôtres et 7 diacres de l’Église naissante. Mais on peut également y voir la profusion avec laquelle Dieu donne des ministres, mais également des fidèles (les "paniers" contiennent des "morceaux de pain"). Il faut donc avant tout, avoir confiance en la Providence divine et voir plus loin que le bout de notre nez, en si disant toujours que "Le bras de Dieu ne s’est pas raccourci" [2]

Devant l’adversité : adopter la "Catho’sitive" attitude

De nous jours, les hommes ayant perdu la foi ont bien du mal à garder la bonne humeur : tous les événements désagréables de leur vie s’accumulent sur leur tête comme un poids qui viendra bientôt les écraser.

Dans la mythologie nordique, la mara [3], était un esprit maléfique se manifestant dans la sommeil et tentant d’écraser les membres de ses victimes. On pourrait voir dans cet élément du folklore une représentation de ce que vivent nos contemporains : la peur d’être écrasés par la vie.

Pour s’en sortir, la plupart tentent de s’échapper par des moyens artificiels (comme la drogue ou l’alcool). On élabore des théories de "d’attitude positive" pour voir le monde sous un autre angle et aider les personnes à sortir de la morosité.

Nous autres catholiques, avons une méthode bien plus efficace que la "positive attitude" : l’Espérance, qui est une vertu théologale C’est-à-dire, une vertu qui ne peut être obtenue que par un don gratuit de Dieu, mais qui, dès qu’elle obtenue, peut être exercée par des actes positifs de la volonté.

La conséquence est que, avoir peur ou être désespéré devant la simple diminution du nombre de catholiques, n’est pas une attitude chrétienne, (même si une certaine inquiétude devant cette diminution peut-être justifiée).

La conséquence directe de l’adoption de cette positive attitude catholique, fondée sur la grâce, est que nos contemporains nous verrons joyeux même dans des conditions difficiles voire désastreuses... ce qui devrait, si ce n’est les attirer, au moins les étonner.

La joie (non pas cette "joie" un peu hystérique fondée sur le déni des difficultés que l’on voit autour de nous) est pour nous l’une des meilleures preuves de l’existence de Dieu et de sa sollicitude pour son Église. Les négatifs, ceux-qui restent collés aux chiffres et aux courbes montrant la chute du nombre de chrétiens, ont une conversion à effectuer pour devenir "positifs" et joyeux.

Devenir des "cathos de combat"

La dénomination peut faire peur : sommes nous réellement des soldats ? Doit-on réellement utiliser ces termes guerriers pour désigner la vie dans la religion de l’Amour ?

Pourtant, c’est bien Saint Paul qui nous parle de revêtir les armes du soldat : C’est pour cela qu’il vous faut endosser l’armure de Dieu, afin qu’au jour mauvais vous puissiez résister et, après avoir tout mis en œuvre, rester fermes. Tenez-vous donc debout, avec la Vérité pour ceinture, la Justice pour cuirasse et pour chaussures le Zèle à propager l’Évangile de la paix ; ayez toujours en main le bouclier de la Foi, grâce auquel vous pourrez éteindre tous les traits enflammés du Mauvais ; enfin recevez le casque du Salut et le glaive de l’Esprit, c’est-à-dire la Parole de Dieu. Vivez dans la prière et les supplications ; priez en tout temps, dans l’Esprit ; apportez-y une vigilance inlassable et intercédez pour tous les saints. [4]

Le Christ lui-même nous affirme que le Royaume de Cieux appartient aux "violents" (c’est-à-dire ceux qui se font violence) : Depuis les jours de Jean le Baptiste jusqu’à présent le Royaume des Cieux souffre violence, et des violents s’en emparent. [5].

La meilleure manière de faire revenir les gens dans les églises consiste tout simplement à aller les chercher. Ce que nous allons toujours tenter d’éviter, parce que cela suppose un effort, comme le montre l’attitude Pierre lorsque le Christ lui-demande d’aller au large et de jeter les filets : "Simon répondit : "Maître, nous avons peiné toute une nuit sans rien prendre, mais sur ta parole je vais lâcher les filets." [6]. Le tout est de "lâcher les filets", le reste viendra par surcroît.

Pour avoir plus de chrétiens, il faut donc ’aller au feu’ : se rendre visible, selon les charismes de chacun. Pour certains, ce sera se rendre à des processions, montrer explicitement sa confession : dans la rue, dans les transports en commun (en lisant la Bible, ou Magnificat par exemple), au travail, en famille (en faisant/laissant savoir que l’on va à la messe, ou que l’on prie) ou encore faire de "l’évangélisation de rue" (comme le fait par exemple Anuncio. Sans qu’il n’y ait d’obligations sur la manière (tant que celle-ci est conforme à l’enseignement de l’Église).

Conclusion

Pour conclure on peut dire que, si les églises se vident, s’il y a moins de catholiques en France, c’est en partie à cause de nous : parce que nous ne sommes pas assez bons.

Il ne faut pas s’en plaindre, mais prendre les mesures adéquates et agir avec l’ambition de devenir saint. Avec cette ardeur qu’avait le curé d’Ars à vouloir mener toute sa paroisse à la conversion.

Il faut aussi ne pas hésiter à rêver : rêver aux millions (voire milliards) d’âmes qui deviendront d’authentiques chrétiens, et s’achemineront en toute quiétude vers le Royaume de Dieu. Parce que la réalité "dépassera nos rêves".

Mais cela ne se fera pas sans nous. Comme le disait Saint Josémaria Escrivà : "Un secret. — Un secret à crier sur les toits : ces crises mondiales sont des crises de saints.
— Dieu veut une poignée d’hommes "à Lui" dans chaque activité humaine. — Après quoi... pax Christi in regno Christi — la paix du Christ dans le règne du Christ."
 [7]

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