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Se marier et durer

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On m’a récemment fait parvenir un livre pour réaliser une critique à son sujet. Il s’agit d’un livre sur la préparation au mariage... "Se marier et durer" par Pierre-Marie Castaignos, aux éditions Salvator.

C’est la première fois que je fais ça, mais étant moi-même concerné, j’ai décidé de jouer le jeu.

Le sujet semble passé et repassé, mais il est toujours intéressant de donner des éclairages différents sur une thématique aussi cruciale. Les futurs mariés (dont je suis) sont souvent angoissés par des questions pratiques, dont la résolution dépendra de la qualité de leur préparation au mariage... qui n’est pas forcément au rendez-vous...

Ici, l’auteur, religieux, participe aux Centres de Préparation aux mariages où il a animé plusieurs conférences. Et je dois avouer que je retrouve dans ses écrits, le même ton que celui présent de le livre d’Alphonse d’Heilly : "S’aimer en actes et en vérité" (avec quelques soupçons de Gary Chapman...)

L’intérêt est que la question du mariage est "attaquée" sous ses angles les plus triviaux pour - ce sont les mots de l’auteur - "déminer" un mariage bancal avant une possible catastrophe. Il s’agit, en quelque sorte, de poser les questions "qui fâchent" et que l’aveuglement de l’amour empêche justement de poser : le lien avec la famille des époux, la sexualité, l’argent, les enfants, la réconciliation des époux, l’éducation...

Je retiendrai quelques points qui m’ont touché : l’idée que les époux doivent avoir une "communion d’intelligence". Tout n’est pas qu’histoire de sentiments et/ou de volonté : il faut être sur la "même longueur d’onde" intellectuelle. Sinon le mariage est, d’entrée, bancal. La réciprocité n’est pas au rendez-vous et entraîne une lassitude.

L’idée également qu’il est nécessaire qu’il y ait un équilibre, même financier dans le couple : si l’un est sous la dépendance de l’autre ou de sa famille (qu’il s’agisse de l’époux ou de l’épouse), cela n’est pas bon car un déséquilibre se crée. Cela fausse la relation d’amour qui est également affaire de "vouloir" aimer : si l’un est sous dépendance financière de l’autre peut-il réellement l’aimer librement ?

La question du partage des biens est également posée. Et l’auteur se montre assez proche d’une idée de la séparation, plus que de la communauté totale pour, justement, éviter des relations de dépendance de l’un vis à vis de l’autre. Mais cette question reste à discuter : elle doit faire l’objet d’une discussion au sein de chaque couple.

La sexualité enfin est abordée de manière relativement classique. Les questions de société sont traitées en s’appuyant particulièrement sur la théologie du corps de Jean-Paul II et les écrits de Benoit XVI. Encore une fois : simplicité et discussion au sein du couple sont de mise, dans la communion avec l’Eglise.

Je regrette juste une position concernant la contraception. Il me semble qu’elle reste illicite quoi qu’il arrive. Il ne revient pas au pasteur ou même au couple, de décider s’il s’agit d’un mal acceptable dans certaines situations. Cela va à l’encontre d’un principe de morale fondamentale, qui veut qu’on ne peut pas obtenir un bien en utilisant un moyen mauvais.

L’auteur cite deux cas : un couple fragilisé (on ne sait par quoi), ou alors le cas où l’un des époux n’arrive pas à maitriser ses pulsions. Il me semble qu’il s’agit là plus de questions d’ordre psychologiques que physiologiques qui doivent être traitées comme telles. On peut éventuellement dire que, dans ces cas, un couple qui aurait choisi d’utiliser un moyen de contraception, ne sachant quelle autre solution utiliser, verrait sa responsabilité diminuée voire annulée. Mais dire que dans ces cas, la contraception constitue un "moindre mal" me semble dangereux de la part d’un pasteur. Qui sait comment certains couples comprendront ces lignes ?

Pour résumer, je peux dire que j’ai apprécié la lecture de ce livre, rédigé sous forme d’entretien. Le ton est enlevé. On aborde des sujets auxquels on ne pense (ou ne veut pas penser) que rarement.

Mise à part cette petite réserve sur la question de la contraception, je recommanderais bien l’achat de cet ouvrage à de jeunes fiancés qui souhaitent se préparer correctement, en abordant par avance les questions fondamentales.

Se marier et durer, Pierre-Marie Castaignos
éditions Salvator

Vos commentaires

  • Le 26 décembre 2012 à 16:17, par Pascal En réponse à : Se marier et durer

    J’apprécie votre honnêteté intellectuelle .

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