Les effets de la confession (suite)
qu’elle a perdu non seulement la grâce sanctifiante, mais aussi toutes les autres grâces ainsi que les vertus surnaturelles et les « mérites » acquis pour les bonnes œuvres accomplies en état de grâce (sur la notion de mérite, voir la note du ). Cependant, la bonté de Dieu est telle que lorsque quelqu’un se réconcilie avec lui, non seulement il récupère la grâce sanctifiante — ce qui est l’effet premier et principal du sacrement de réconciliation —, mais aussi tous les mérites antérieurs qui avaient été comme « mis entre parenthèses », ainsi que les mérites des bonnes œuvres qu’il a accomplies en état de péché mortel et qui ne pouvaient pas produire alors leurs effets. Ces œuvres « revivent » ou commencent à « vivre ». C’est ce que les théologiens qualifient de « reviviscence ». Sans être un dogme de foi, c’est une doctrine communément admise.
Un effet de ce sacrement est « l’accueil du pécheur par la communauté ecclésiale parce que le sacrement de réconciliation est œuvre de paix. Cette œuvre de paix dépasse le cercle de ceux qui le reçoivent. Le sacrement agit au bénéfice de tous les hommes et rend présentes au monde la miséricorde et la réconciliation auxquelles ils aspirent et que Dieu rend possibles » (Catéchisme des évêques de France, n° 442).
La réconciliation avec Dieu « a pour ainsi dire comme conséquences d’autres réconciliations, qui portent remède à d’autres ruptures causées par le péché : le pénitent pardonné se réconcilie avec lui-même dans les profondeurs de son être, où il retrouve sa vérité intérieure ; il se réconcilie avec ses frères, agressés et lésés par lui en quelque sorte ; il se réconcilie avec l’Église ; il se réconcilie avec toute la création » (Jean-Paul II, exhortation apostolique Réconciliation et pénitence, n° 31.V).
Notons encore qu’en se remettant au jugement miséricordieux de Dieu, le pécheur « anticipe d’une certaine façon le jugement auquel il sera soumis à la fin de cette vie terrestre. Car c’est maintenant, dans cette vie-ci, que nous est offert le choix entre la vie et la mort, et que ce n’est que par le chemin de la conversion que nous pouvons entrer dans le Royaume d’où est exclu tout péché grave » (Catéchisme de l’Église catholique, n° 1470). Le jugement particulier qui interviendra au moment de notre mort ne sera alors plus qu’une récapitulation de ce qui est déjà connu et pour l’essentiel pardonné. Dans ces conditions, il n’y aura pas de surprise désagréable.
« Vois comme elle est tendre et miséricordieuse, la justice de Dieu ! — La justice humaine punit celui qui avoue sa faute. La Justice divine, elle, pardonne.
Béni soit le sacrement de la pénitence ! » (saint Josémaria, Chemin, n° 309).
(à suivre…)
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